Que retenir de la lutte contre la cercosporiose en 2024 ?
Trouver une parcelle exempte de maladies foliaires durant cet automne 2024 fut une mission quasiment impossible. Les précipitations importantes durant toute la saison, couplées à des températures modérées, ont été un des principaux éléments explicatifs. D’autres facteurs ont cependant amplifié les infestations.
Comment, dès lors, expliquer un tel niveau d’infestation en fin de saison ?
Il n’est pas nécessaire de rappeler les conditions climatiques humides du printemps 2024 ayant entrainé le report des semis de la plupart des betteraves. Un développement foliaire qui s’est prolongé jusqu’en juillet et une météo favorable, couplée à un potentiel infectieux élevé dans l’environnement (suite à 2023) ont été à l’origine d’une pression élevée tôt en saison. Dans certaines parcelles les traitements se sont avérés nécessaires dès début juillet.
La plupart des parcelles ont été protégées trop tardivement. Le seuil de nuisibilité officiel (5%) étant atteint ou dépassé dans de nombreux cas. Cela a impliqué une situation curative, qui, au vu des conditions, a été très préjudiciable jusqu’à la récolte.
Comprendre le développement de la maladie pour mieux lutter contre la cercosporiose
La cercosporiose est inféodée au sol. Les spores peuvent y survivre pendant 3 ans, principalement sur des résidus de récolte (feuilles, collet, tas de déterrage). La durée de viabilité de l’inoculum dépend de la profondeur d’enfouissement. Les facteurs de risque sont donc les courtes rotations, le non-labour, les betteraves adventices et la proximité de parcelles infectées.
Les conidies produites par un inoculum primaire se dispersent de plante à plante, principalement par la pluie et le vent, et infectent ainsi de nouvelles feuilles. Les premières lésions peuvent être visibles environ 1 semaine après l’infection. Ces lésions produisent ensuite de nouvelles conidies. Les conidies sont donc produites entre 1 et 3 semaines après l’infection, en fonction des conditions climatiques, de la luminosité, du stade de la betterave ou de la variété). Une plante infectée peut produire jusque 250 millions de spores.
Les pertes de rendement peuvent atteindre 10 à 20% du rendement et 2% de richesse. Variable selon les années, les parcelles et les variétés.
Que nous ont appris les essais 2024 ?
Sans entrer dans le détail des essais menés par Syngenta, plusieurs enseignements peuvent en être tiré :
- Un intervalle de 3 semaines peut être trop long lors d’une saison comme 2024, où la croissance foliaire et la pression en maladie est importante. Un intervalle de 3 semaines n’est envisageable qu’en cas d’été sec, quand peu de nouvelles feuilles sont produites.
- La combinaison Quadris Gold / Bicanta / Angle associé au tétraconazole apporte un aussi bon contrôle de la cercosporiose que les autres produits du marché.
- Une strobilurine (présente dans le Quadris Gold / Bicanta / Angle) amène plus de surface verte et une efficacité supplémentaire contre la rouille et la ramulariose.
Quels leviers adopter à l’avenir afin d’éviter les situations de 2023 & 2024 ?
Les bonnes pratiques agronomiques restent la base de la gestion des maladies :
- Une alternance d’au moins 3 ans entre deux cultures de betteraves.
- L’évacuation des déchets après chargement des tas vers les sucreries.
- Le labour limite le développement précoce des pathogènes
Une application efficace des produits réduit la présence de la maladie :
- Un positionnement précoce et préventif est à privilégier.
- Une attention particulière est à apporter aux intervalles en fonction de la croissance foliaire et du développement des maladies.
- Une combinaison et une alternance des triazoles à dose suffisantes est vivement conseillée afin de limiter le développent de résistance. L’association de tétraconazole au difénoconazole (Bicanta, Quadris Gold, Angle), comme préconisé par Syngenta est un excellent outil de gestion de résistances.
- Le choix variétal aura également toute son importance pour limiter l’impact des pathogènes.