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Guide biodiversité pour l'entreprise familiale

Dans ses premiers souvenirs d’agriculteur, Christophe Jolly plantait des fraises et cueillait des pommes avec son père, son frère et sa sœur.

Bien que le verger ait disparu, ce qu'il a appris en grandissant à la ferme reste le fondement de son exploitation : un engagement en faveur de la biodiversité, du sol et de l'environnement. « Car notre ferme est notre jardin », déclare Christophe.

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Christophe Jolly (à gauche) avec son père Ferdinand sur leurs terres

Située près de la pittoresque ville d'Ittre, en Wallonie, la ferme familiale Jolly a toujours été un lieu d'expérimentation et d'innovation en matière d'agriculture.

Tout a commencé lorsque Ferdinand Jolly, le père de Christophe, s'est lancé dans l'agriculture en 1984. Plus de quatre décennies plus tard, avec Christophe à la barre, les valeurs fondamentales sont toujours au cœur de tout ce qu'ils font, notamment la curiosité pour le métier et l'importance accordée à ce qui est bon pour la terre.

Mise en pratique

L'exploitation agricole de 300 hectares comprend deux unités : environ 60 % sont consacrés à des cultures conventionnelles telles que le blé, l'orge et le maïs, avec 10 hectares de production à rendement maximal afin de pouvoir comparer les différences entre les pratiques de production. La deuxième zone, d'environ 120 hectares, est consacrée à la production biologique, introduite par Christophe il y a neuf ans. Elle comprend la culture de légumes tels que pommes de terre, endives, oignons, pois, haricots, carottes et fraises, qui sont vendus directement aux consommateurs.

Les sols de la ferme Jolly sont principalement des limons sableux. Bien qu'ils offrent un bon drainage, cela signifie également qu'ils sont sensibles à l'érosion, qu'ils retiennent peu l'eau, qu'ils absorbent moins les engrais et qu'ils stockent moins de carbone.

" Le sol est notre principal sujet de préoccupation », explique Christophe, qui est responsable de l’exploitation depuis 2014. « Si la structure du sol n'est pas bonne, ou si nous ne l’arrangeons pas pour stocker l'eau ou les nutriments qui nourriront nos plantes, nous avons un gros problème. "

Jolly travaille en collaboration avec Syngenta depuis plusieurs années. Cette relation ancrée permet à la ferme de tester et d'essayer de nouvelles approches et technologies en temps réel, le transfert de connaissances étant un élément clé de l'approche de Christophe. En participant à différents groupes et en organisant des visites, Christophe partage avec passion ce qu'il sait et apprend avec les autre.

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Il explique : 

Je crois fermement qu'échanger des connaissances avec d'autres agriculteurs va nous aider à adopter des pratiques plus résilientes. 

Conscient que ses terres nécessitent une approche plus prescriptive afin d'augmenter la production sur une même superficie, Christophe a récemment testé la technologie INTERRA® Scan de Syngenta.

INTERRA® Scan est un service de cartographie haute résolution des sols qui fournit aux agriculteurs des données détaillées sur leurs sols, leur permettant ainsi de prendre des décisions plus éclairées.

« Cela nous aide à identifier les parties des champs où nous devons appliquer de manière variable de l'azote ou de la chaux, par exemple, en nous basant sur les cartes fournies par INTERRA® Scan », explique Christophe.

En termes simples, cette nouvelle technologie permet à Christophe d'évaluer pleinement l'état et le potentiel de ses sols, champ par champ.

« Cela permet une véritable optimisation de vos parcelles. Si vous pouvez agir au bon endroit, vous pouvez avoir un impact considérable sur vos résultats », explique-t-il.

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La technologie INTERRA® Scan permet à Christophe Jolly d'évaluer pleinement l'état et le potentiel de ses sols, champ par champ.

Un soutien basé sur la nature

Fort de données plus détaillées sur les paramètres de son sol limono-sableux, Christophe a introduit cette saison un biostimulant dans ses cultures de pois et de carottes bio. Bien qu'il soit trop tôt pour se prononcer sur les avantages potentiels en termes de rendement pour les pois, VIXERAN® a été introduit afin de fournir aux plantes une source naturelle d'azote pour améliorer la nutrition des cultures.

Il explique : « Les deux points sensibles de la production biologique sont l'élimination des mauvaises herbes et l'azote, qui n'est pas si facile à trouver. Il n'est pas directement disponible pour les plantes, donc les solutions qui aident à rendre l'azote disponible pour les plantes sont vraiment de bonnes solutions pour les cultures bio. C'est pourquoi nous essayons des produits biologiques comme VIXERAN®.

Les carottes seront récoltées en octobre. Nous pourrons alors constater les effets à long terme du produit et évaluer son efficacité à la fin de la récolte. »

Outre l'expérimentation de produits biologiques, la ferme Jolly met en œuvre un certain nombre de pratiques agricoles régénératrices, telles que les cultures de couverture et le travail minimal du sol, dans ses zones de production conventionnelles afin de réduire l'impact environnemental et de restaurer la santé des sols.

Christophe a découvert l'agriculture régénérative en 2010 grâce au mouvement « agriculture de conservation » originaire du nord de la France, où les agriculteurs ont été les pionniers des pratiques de santé des sols dans des systèmes difficiles à trois cultures : blé, orge et colza.

Ils se concentraient sur la conservation du carbone dans le sol grâce à des méthodes agricoles plutôt qu'à des apports externes, car ils n'avaient pas d'autres options pour améliorer leurs sols dégradés.

« Ce n'était pas vraiment répandu en Belgique à l'époque, mais je me suis beaucoup informé sur ce que faisaient les agriculteurs français. Aujourd'hui, nous ne labourons que lorsque c'est nécessaire, soit environ 10 % de notre surface, ce qui n'est pas beaucoup. »

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Ce n'était pas vraiment répandu en Belgique à l'époque, mais je me suis beaucoup informé sur ce que faisaient les agriculteurs français. Aujourd'hui, nous ne labourons que lorsque c'est nécessaire, soit environ 10 % de notre surface, ce qui n'est pas beaucoup. 

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À la ferme Jolly, l'agriculture régénérative consiste à couvrir le sol autant que possible et à réduire le nombre d'opérations dans les champs.

Christophe explique : « Nous essayons de couvrir le sol autant que possible, c'est pourquoi nous avons des cultures de couverture végétale dans tous nos champs. Et nous essayons de réduire le nombre d'opérations dans nos champs. Par exemple, nous utilisons le semis direct.

« Avec les cultures de couverture, l'idée est de travailler avec différentes familles de plantes, afin d'obtenir différentes longueurs de racines et différentes hauteurs de plantes au-dessus du sol. Vous travaillez à différents niveaux du sol, ce qui vous permet d'améliorer la structure du sol, mais aussi de favoriser la biodiversité en dehors du sol. »

Il poursuit : « Il y a beaucoup d'animaux dans et sur le sol qui ont besoin de plantes vivantes pour survivre. Donc, si vous avez un sol qui n'est pas couvert pendant un mois et qu'il n'y a pas de plantes pour les abriter, ils mourront. »

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Réseaux biologiques

Dans le cadre de ses efforts continus pour améliorer la biodiversité, la ferme Jolly dispose de ce qu'elle appelle des « réseaux biologiques » : plus de 20 hectares consacrés à la conservation de la biodiversité grâce à des bordures de champs, des zones boisées et l'agroforesterie. Cette approche permet de limiter l'érosion et d'augmenter le nombre de mammifères et d'insectes utiles.

« Lorsque mon père a repris la ferme en 1984, sa première priorité a été de créer un réseau vivant, car la ferme n'était alors qu'un vaste champ dépourvu de haies ou d'arbres. Cela fait maintenant 40 ans que nous poursuivons cette démarche. Environ 5 % de notre surface totale est en fait consacrée à la biodiversité, qu'il s'agisse de bandes anti-érosion, de bandes d'eau ou de bandes fleuries.
 

Le système est capable d'atteindre l'équilibre par lui-même, mais s’il n’y a pas d'arbres, de bordures fleuries, de faune présente, la biodiversité n’est pas assez riche pour lutter contre les ravageurs. 

Selon Christophe, la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) contribue à créer un cycle de lutte antiparasitaire plus durable dans l'exploitation : « Lorsque des pucerons apparaissent dans nos cultures, nous laissons la nature suivre son cours. Bien que nous atteignions des niveaux d'infestation similaires à ceux des autres agriculteurs locaux, nos insectes utiles font le travail à notre place. En trois à quatre jours, ces auxiliaires naturels contrôlent efficacement la population de pucerons, éliminant ainsi le besoin d'interventions chimiques répétées. »

Au fil des ans, Ferdinand et Christophe ont planté 15 000 mètres d'arbres et de haies, mettant en œuvre l'agroforesterie, une pratique qui consiste à introduire délibérément des arbres dans le système agricole afin d'obtenir des avantages écologiques et économiques.

« Les avantages pour la biodiversité sont assez évidents, car nous voyons des oiseaux, des petits mammifères et des insectes dans les arbres et autour des champs. Nous constatons un impact sur les cultures, car un microclimat se crée entre les arbres, protégeant les cultures et améliorant les sols », explique Christophe.

« Dans 20 ou 25 ans, nous disposerons de données réelles. Lorsque nous parlons de 14 ans d'agroforesterie, cela semble long, mais dans la vie du système, c'est assez court. Nous pensons que nous sommes sur la bonne voie pour créer un système résilient. »


Fort d'une expérience dans la finance, la banque et le génie civil, Christophe affirme que ses précédentes carrières lui ont donné une perspective unique pour appréhender l'entreprise. « Le succès dans l'agriculture ne se résume pas à des rendements élevés, explique-t-il « Il s'agit de remettre en question vos méthodes, de comprendre vos marges et de rester curieux face aux nouvelles possibilités. »

Son conseil aux agriculteurs ?

Je pense que le message clé serait de se demander : « Que puis-je faire pour que mon système soit le plus résilient possible ? Si vous vous posez cette question, elle englobe tout : comment puis-je assainir mon sol ? Comment puis-je favoriser la biodiversité ? Comment puis-je réduire les intrants ? Il s'agit de tout mettre en œuvre pour obtenir un système résilient à l’épreuve du temps.

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De l’utilisation d'une technologie de pointe pour l'analyse des sols à l'expérimentation de solutions biologiques, en passant par l'adoption de pratiques régénératrices, l'approche de Christophe démontre comment l'agriculture moderne peut concilier productivité et durabilité.

Prouvant que la voie vers une agriculture résiliente consiste à travailler avec la nature et non contre elle, l'engagement de la famille Jolly à laisser la terre dans un meilleur état qu'elle ne l'était à leur arrivée constitue un héritage durable pour la prochaine génération.