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Sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire et les résidus de produits phytosanitaires

Être certain que ce que nous mangeons est sain et sûr. C’est le souhait de chacun. Pour le consommateur, cela signifie en principe le moins possible de résidus de produits phytosanitaires dans les aliments.

Pour répondre à cette demande, l’industrie alimentaire exige de ses fournisseurs qu’ils limitent autant que possible la présence de ces substances.

Même jusqu’à des niveaux très largement inférieurs à ceux prescrits ou imposés par la loi. N’oublions pas que le consommateur souhaite également que les prix restent abordables. Suffisamment de nourriture de grande qualité produite de façon durable et vendue à un prix raisonnable. C’est le souhait de chacun... Et cela signifie qu’il faut rechercher le bon équilibre.

Que sont les produits phytosanitaires ?

Que sont les produits phytosanitaires ?

Les plantes sont toujours menacées. Que ce soit par des moisissures tenaces, des insectes dévastateurs ou l’invasion de mauvaises herbes qui peuvent étouffer la plante. Les produits phytosanitaires protègent  les cultures contre ces maladies et plaies.

Une alimentation saine et de bonne qualité
Les produits phytosanitaires peuvent être d’origine tant naturelle que synthétique. Ils protègent les plantes et veillent à ce que les aliments que consomme le public soient sains et de bonne qualité, aient un bel aspect et puissent être conservés plus longtemps. L’industrie des produits de protection descultures est très novatrice. Sans cesse, des progrès sont faits pour améliorer les performances des produits et augmenter la sécurité alimentaire. : pour les plantes, pour l’homme et pour l’environnement. C’est ainsi que la plupart des produits sont également actifs à très petites doses et rapidement dégradables dans l’environnement. Ils sont en outre plus sûrs pour les insectes et organismes non nuisibles. 

Pourquoi utilisons-nous des produits phytosanitaires ?

Pour pouvoir garantir à chacun une alimentation suffisante, variée et saine. La population mondiale augmente en effet chaque jour de 200 000 personnes (ce qui correspond à un peu plus de 70 millions par an). Si les plantes n’étaient pas protégées contre les insectes ravageurs, mauvaises herbes et maladies, nous perdrions entre 30 à 40 % de notre nourriture.

Pays développés
Les pays développés jouissent d’un apport constant de nourriture extrêmement diversifié et de grande qualité, à un prix conforme au marché. Exactement ce que chacun d'entre nous souhaite ! Le consommateur désire toutefois qu’il y ait le moins possible de résidus chimiques dans sa nourriture. Il est donc important de trouver ici un équilibre.

Ce que beaucoup de gens ne savent pas, c'est que les produits phytosanitaires peuvent être bénéfiques pour leur santé. Ils réduisent en effet le niveau de substances nocives issues des moisissures et bactéries présentes dans la nourriture. Cela se traduit par un recul du nombre des intoxications alimentaires. Dans certains cas, ils font également augmenter la valeur nutritive des aliments. Un produit phytosanitaire contre les moisissures fait ainsi augmenter la teneur en protéines des graminées. Bon pour la santé de tous !

Qualité supérieure
Ces produits veillent par ailleurs à ce que nous puissions récolter des produits de qualité supérieure constante. C’est-à-dire, exemptes d’insectes et avec peu de pertes. Et c’est exactement ce que souhaitent le consommateur, l’industrie de transformation alimentaire et les supermarchés. Les produits phytosanitaires prolongent également la saison de production de nombreuses plantes, ainsi que la durée de conservation des aliments. Cela signifie que le consommateur dispose toute l’année d’un large choix de denrées et peut limiter ses déchets. Ce rôle joué dans l’hygiène alimentaire et la garantie dl’absence de contamination par les rongeurs et, insectes font des produits de protectio des cultures un outil important dans la chaîne alimentaire.

Suffisamment de nourriture
Ce qui est pour certains parfois difficile à admettre, c'est que les produits phytosanitaires sont utilisés de façon responsable dans une gestion intégrée des cultures, à la base d’une agriculture durable. Les produits de protection des cultures sont d'importance capitale pour une exploitation optimale et durable des ressources telles que la terre, l’eau et la main-d'œuvre. Sans eux, nous ne pourrions produire suffisamment de nourriture pourt ous, tout en respectant la faune et la flore environnant. Et cela est crucial pour la planète entière!

Pourquoi peut-il rester des résidus dans nos aliments ?

Pourquoi peut-il rester des résidus dans nos aliments ?

Supposez que vous vaporisez un produit de protection sur une plante… Au bout d’un certain temps, ce produit est décomposé par un facteur naturel comme le soleil, la pluie et la plante elle-même. Parfois, la récolte a lieu avant que ce processus de dégradation naturelle soit terminé. Des restes (résidus) peuvent ainsi subsister dans la plante.

Résidus
Les résidus se composent du produit chimique d’origine ou de ses produits de décomposition (métabolites). La technologie moderne permet heureusement de mesurer avec exactitude la quantité de métabolites qui subsiste dans un produit. Nous pouvons constater des concentrations bien inférieures aux limites fixées par la loi. Le plan de surveillance des résidus de l’Union européenne (2002) dans les produits alimentaires frais et de transformation montre que 95 % de l’alimentation satisfait aux normes légales en matière de résidus. 58 % de la nourriture est même totalement exempte de résidus mesurables. Si les résidus dépassent la limite autorisée par la norme, cela peut signifier que le produit phytosanitaire n’a pas été correctement utilisé. Le mode d’emploi peut ne pas avoir été respecté. Une chose qui peut facilement être évitee!

« Toutes les substances sont nocives et aucune n’est inoffensive ; ce n’est que le dosage qui transforme un médicament en poison » Paracelsus (1493-1541).

Que sont les normes sur les résidus et comment sont-elles établies ?

Les données des études de résidus ne sont pas seulement utilisées pour calculer l’exposition. Nous les utilisons aussi pour établir les normes relatives aux résidus.

Qu’est-ce qu’une norme sur les résidus ?
Elle est la teneur maximale en résidus d’un produit phytosanitaire légalement tolérée dans la nourriture ou le fourrage. Elle est également connue sous le nom de limite maximale de résidus (LMR). Attention : les normes sur les résidus ne sont pas des normes sanitaires. Elles indiquent les niveaux de résidus avec lesquels il est improbable qu’ils soient nocifs pour le consommateur.

Comment sont-elles établies ?
Les normes sur les résidus sont dérivées de lors desquels un produit phytosanitaire est utilisé de façon maximale pour garantir une bonne récolte même sous la pression élevée de maladies, plaies et mauvaises herbes. Outre la norme sur les résidus, un délai légal de sécurité est prescrit par la loi. Il s’agit de la période minimale entre la dernière application du produit et la récolte. La norme sur les résidus, combinée au délai de sécurité, n’est acceptée que si le niveau de résidus s’avère être acceptable pour le consommateur. Si tel n’est pas le cas, le produit n’est pas homologué.

Différences au niveau international
Les normes sur les résidus sont établies au niveau national. L’examen porte sur la façon dont le produit est utilisé dans le cadre d’une bonne pratique agricole dans le pays concerné. Chaque pays dispose donc de sa propre norme sur les résidus, qui peut varier d’un pays à l’autre. Toutes les plantes qui sont exportées doivent satisfaire à la norme sur les résidus du pays d’importation. Les normes sur les résidus sont donc également des normes commerciales. Elles constituent souvent un obstacle au commerce. C’est la raison pour laquelle les normes sur les résidus sont actuellement harmonisées en Europe. Au niveau mondial, c'est la commission du CODEX Alimentarius de l’Organisation mondiale de la santé et de l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (OMS/FAO) qui établit les normes sur les résidus. Ces normes ne sont malheureusement pas reconnues par tous les pays.

Comment les résidus dans les aliments sont-ils contrôlés ?

Avant qu’une plante ou un aliment arrive chez le consommateur, il a été contrôlé au niveau résidus à sur plusieurs points dans la chaîne alimentaire. Ce contrôle est effectué sur la base d’un programme de surveillance établi par les pouvoirs publics. En Belgique, il s’agit de l’AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire). L’industrie agro-alimentaire et le commerce contrôlent également les résidus.

Pourquoi un contrôle des résidus ?
Le principal objectif du contrôle des résidus est d’établir si la teneur en résidus dans la pratique ne dépasse pas les limites de la norme légale sur les résidus. Cela permet de garantir que le consommateur ne court aucun risque. Le programme de surveillance n’est pas aléatoire mais cible les plantes et les produits alimentaires qui présentent un risque réel de contenir des résidus ou qui ont fait l’objet de questionnements.

Prélèvements
Des échantillons sont régulièrement prélevés dans les aliments sur lesquels un produit phytosanitaire a été utilisé juste avant la récolte ou durant le stockage. Par ailleurs, les aliments de base telle que blé ou les pommes de terre font l’objet d’une surveillance approfondie. Des échantillons supplémentaires peuvent également être prélevés sur des produits récemment homologués.

Surveillance internationale
La plupart des gouvernements procèdent régulièrement à des contrôles pour détecter les résidus de produits phytosanitaires dans les produits alimentaires. C’est ainsi qu’un programme de surveillance a été instauré dans l’Union européenne. Quinze pays membres ainsi que la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein y participent. En 2002, le nombre des échantillons contrôlés en Europe était de 46 000. Les résultats des programmes sont publiés dans chaque pays.

Dépassements
Les dépassements de résidus peuvent causer des inquiétudes auprès du consommateur. Il est bon de savoir que lorsqu’une norme sur les résidus a été dépassée, cela ne signifie pas automatiquement que la santé du consommateur est en danger (voir également la question : « Le dépassement occasionnel d’une norme sur les résidus est-il dangereux ? »).

Est-il possible de réduire encore la teneur en résidus ?

L’exposition aux résidus de produits phytosanitaires est très limitée voire nulle. C’est ce que révèlent les programmes de surveillance des résidus. Le consommateur est en outre bien protégé par la législation actuelle.

Culture intégrée
La teneur en résidus dans les aliments dépend du moment où, et des circonstances dans lesquelles le produit phytosanitaire a été utilisé. Des méthodes de culture précises peuvent dans la plupart des cas déboucher sur une réduction des teneurs en résidus. C’est ce que préconise la culture intégrée : un système de culture 'intelligent', permettant d’obtenir des produits de grande qualité avec des moyens de production économiques et responsables à l’égard de l’environnement et de la société. La culture intégrée évite ou lutte contre les plaies, maladies et mauvaises herbes à l’aide des techniques les plus modernes et les mieux adaptées. La culture intégrée englobe également des aspects de technique culturale et la mise en oeuvre de mesures biologiques, biotechniques, mécaniques et chimiques.

Agriculture durable
La règle générale pour l’utilisation de produits de protection des cultures dans la culture intégrée est la suivante : « Pas une goutte de plus que le minimum requis ». En utilisant moins de produits chimiques, la teneur en résidus dans les aliments doit également chuter. L’utilisation responsable de ces produits est un élément clé de l’agriculture durable dans le monde entier. Syngenta soutient activement l’évolution et la mise en pratique de la culture intégrée.

Autres solutions
Quels sont les autres moyens de veiller à ce que le consommateur soit moins exposé aux résidus ? Une partie importante des résidus se trouve dans la partie de la plante que l’on ne consomme pas, par exemple dans la peau des bananes ou des oranges. Les résidus qui subsistent dans les parties comestibles peuvent être réduits ou totalement supprimés en lavant le produit ou en le préparant (par exemple lors de la cuisson). Lorsque des produits de protection des cultures sont utilisés, c'est la plupart du temps à des doses et à des fréquences inférieures aux prescriptions. Il ne faut pas oublier que les normes sur les résidus sont basées sur un utilisation maximale des produits phytosanitaires (le pire scénario).

Pourquoi les normes sur les résidus varient-elles d’un pays à l’autre ?

La façon dont un produit phytosanitaire est utilisé n’est pas la même dans tous les pays. Cela est lié au fait que les pressions des maladies et plaies dans les cultures varient en fonction du climat. C’est pour compenser ces écarts que les prescriptions varient selon les pays. Cela se traduit par des normes sur les résidus différentes. Celles-ci sont établies sur la base de la présence de résidus constatée lors de tests au moment de la récolte ou après sa conservation. Cela en tenant également compte de la marge de sécurité fixée. Ce n'est que lorsque l’évaluation des risques montre que la norme sur les résidus ne constitue pas un danger pour la santé du consommateur qu’un produit est homologué (voir également la question : « Que sont les normes sur les résidus et comment sont-elles établies ? »).

Que sont les tolérances à l’importation et dans quel but sont-elles utilisées ?

Le terme de « tolérance à l’importation » est la norme sur les résidus d’un produit phytosanitaire qui n’est pas utilisé dans le pays d’importation. Cela est par exemple le cas pour des plantes importées qui ne sont pas cultivées dans le pays d’importation. En Belgique, il s’agit principalement des fruits exotiques tels que la nectarine, l’ananas et la banane. Des tolérances à l’importation sont également établies pour les produits alimentaires importés d’un pays où les conditions de culture sont différentes et où d’autres produits de protection des cultures sont utilisés. Par exemple pour combattre un insecte que l’on ne rencontre pas dans le pays d’importation.

Les normes sur les résidus pour les produits d’importation sont établies de la même façon que pour les produits de culture domestique. Les produits d’importation sont également surveillés pour contrôler leur conformité aux tolérances à l’importation. Ils peuvent donc être consommés en toute sécurité.

Puis-je manger en toute sécurité ?

Puis-je manger en toute sécurité ?

Savez-vous que les produits de protection des cultures font partie des produits chimiques les mieux étudiés et les plus réglementés au monde ? Ils sont étudiés avec la même minutie que les médicaments. Lisez ci-dessous plus à ce sujet.

Des études approfondies
Avant de pouvoir effectivement utiliser un produit de protection des cultures, celui-ci doi être homologué. Cela signifie qu’une autorité gouvernementale étudie et évalue tous ses aspects. Un produit ne peut être utilisé que lorsque la sécurité est garantie pour les humains, les animaux et l’environnement. Ce n’est qu’après avoir été homologue (et donc déclaré « sûr ») qu’il peut être commercialisé et utilisé.

Des procédures transparentes
En Belgique, les pouvoirs publics sont responsables de la procédure d’homologation. Il s’agit d’une procédure totalement transparente pour le public, très minutieuse et approfondie. Le produit est soumis à une série exhaustive d'examens afin de pouvoir établir les risques pour l’homme et pour l’environnement. L’étude standard pour l’homologation d’un produit phytosanitaire comprend plus de 120 examens. Leur durée peut varier d’un mois à cinq ans. L’ensemble du trajet de développement et d’étude d’un produit phytosanitaire peut ainsi prendre jusqu’à huit ans !

La certitude pour le consommateur
En tant que consommateur, vous savez donc avec certitude que le produit phytosanitaire utilisé a été testé sous toutes ses coutures et qu’il est sûr pour les humains, les animaux et l’environnement. S’il n’en était pas ainsi, il n’aurait pas été homologué.

Comment la sécurité est-elle évaluée ?

Pour établir si un produit de protection des cultures peut être utilisé dans la pratique, l’organisme gouvernemental compétent procède à une évaluation des risques pour la santé. Cette évaluation comprend trois volets principaux :

a) Déterminer les propriétés dangereuses du produit et établir une valeur limite admissible pour la santé (norme sanitaire)
Pour déterminer dans quelle mesure un produit est nocif pour l’homme, de nombreux examens sont effectués. Ils portent sur les risques éventuels pour la santé (dont le cancer et les effets sur la reproduction). Leur exécution a lieu sous surveillance et conformément à des directives reconnues établies par les pouvoirs publics.

Si les examens révèlent qu’un niveau d’exposition n’entraîne aucun effet préjudiciable, cela est indiqué par la mention « No Observed Adverse Effect Level » (NOAEL). Cette norme sanitaire est déterminée par l’application d’un facteur de sécurité d’au moins 100 sur le plus faible NOAEL constaté. Cela est appelé l’ADI (Acceptable Daily Intake ou ingestion quotidienne acceptable) en cas d’exposition chronique de longue durée. En cas d’exposition ponctuelle, cela s’appelle dose de référence aiguë ou ARfD (Acute Reference Dose). Ce facteur de sécurité de 100 s'est avéré être très fiable pour la protection de la santé humaine.

b) Déterminer l’exposition au produit lors de la consommation d’aliments
Pour établir cette exposition, il convient en premier lieu de connaître les éléments suivants :

Nature et quantité des aliments ingérés 
La nature et la quantité de ce que nous mangeons sont estimées sur la base de tableaux diététiques utilisés par les pouvoirs publics. C’est sur la base de sondages sur la consommation de nourriture que sont étudiées les quantités consommées de certains produits alimentaires par différents groupes comme les adultes, les enfants et les nourrissons. On sait que les végétariens ou certains groupes culturels s’écartent du modèle d’alimentation moyen. Un nombre croissant d’informations est collecté dans ce domaine.

Qualité alimentaire
La quantité de résidus pouvant être présente dans les aliments est mesurée par des études de résidus pour toutes les espèces cultivées pour lesquelles le produit est homologué. Les tests de résidus sont exécutés conformément aux directives internationales dans les champs, dans les serres et durant la conservation. Ces tests evisagent le scénario le pire. C’est-à-dire sur des produits ayant été soumis à un dosage maximal, un nombre maximal d'applications et un traitement aussi prolongé que possible, jusqu’au moment limite requis avant la récolte pour combattre maladies et plaies, donc avec un délai de décomposition minimal. En d’autres termes : les études simulent une situation extrême des plaies et maladies que l’on ne rencontre que très rarement dans la pratique.

c) Comparer l’exposition à la norme sanitaire
Enfin, les autorités (inter)nationales examinent la possible exposition à la norme sanitaire (ADI et ARfD). Cela pour confirmer que le risque est acceptable et que la santé du consommateur n’est pas en danger. Il doit être prouvé que le produit est sûr tant pour une exposition à court terme qu’à long terme.

Ce qui est admis
Un résidu de produit phytosanitaire dans une plante particulière n’est légalement admis que si la marge de sécurité est suffisante entre l’exposition escomptée et la norme sanitaire établie. Ce n’est qu’alors que le produit peut être effectivement utilisé dans la pratique.

Le dépassement occasionnel d’une norme sur les résidus est-il dangereux ?

Dans la plupart des cas, le dépassement d’une norme sur les résidus n’est pas dangereux car cette norme ne correspond pas à la norme sanitaire. Les normes sont en outre établies de sorte à ménager une marge de sécurité importante entre la norme sur les résidus et la norme sanitaire.

Norme très prudente
Les normes sur les résidus sont établies sur la base de tests minutieux effectués dans les champs dans les conditions d’utilisation maximale autorisée du produit, tant en matière de dosage que de fréquence et de durée d’application. Les valeurs résiduelles issues des tests sont intégrées dans une formule mathématique utilisée pour calculer la norme sur les résidus. La norme calculée sur les résidus est toujours supérieure à la norme maximale constatée lors des tests dans les champs. L’évaluation des risques pour le consommateur comprend donc une marge de sécurité importante. Il est important de ne pas oublier qu’une norme sur les résidus n’est pas une norme sanitaire.

La valeur résiduelle ne dépassera la norme que dans un certain nombre de cas :

- Si le mode d’emploi du produit phytosanitaire n’a pas été respecté.
- Si le produit a été utilisé sur une plante pour laquelle il n'a pas été autorisé.
- S’il s’agit d’un produit d’importation pour lequel le pays d’origine a établi une norme sur les résidus différente de celle du pays d’importation. Si un dépassement est constaté, des mesures sont prises pour éviter une éventuelle répétition.

Si l’autorité belge de protection des produits alimentaires et non alimentaires ou une instance similaire dans d’autres pays membres de l’Union européenne trouvent des produits dont les teneurs en résidus présentent des risques, le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux est déclenché. Ce système lance un avertissement à tous les pays européens sur les produits à trop forte teneur en résidus. Chaque état membre retire alors ces produits le plus rapidement possible du marché.

Que sait-on sur les combinaisons de résidus ?

Les consommateurs sont préoccupés par certaines combinaisons de produits phytosanitaires pouvant se renforcer mutuellement et avoir ainsi un impact négatif sur la santé. En ingérant une combinaison de plusieurs produits chimiques, les effets nocifs sur la santé seraient plus importants que la somme des effets des produits phytosanitaires individuels. En 1999,  la commission européenne sur la toxicité des produits chimiques dans les aliments, les biens de consommation et l’environnement au Royaume-Uni a étudié les risques présentés par les résidus combinés de produits phytosanitaires et vétérinaires dans les aliments. Cette étude a été initiée parl’office britannique des normes alimentaires.

Dans son rapport, la commission conclut que bien que des effets puissent être constatés pour des combinaisons de produits à doses élevées, il n’est pas probable que cela présente un risque pour la santé. En effet, les résultats prennent en compte le fait que les niveaux de résidus constatés dans les aliments sont bien inférieurs.

Qu’en est-il des aliments pour bébés ?

Selon les directives européennes, les aliments pour bébés ne doivent pas contenir plus de 0,01 milligramme de produits phytosanitaire par kilo. L’utilisation de certains produits dans les graminées utilisées pour la fabrication d’aliments pour bébés est en outre interdite. Il est important de souligner que cette norme sanitaire de 0,01 mg/kg ne repose sur aucune base scientifique. Il s’agit d’une norme généralisée et considérée comme étant sûre. En d’autres termes : applicable à tous les produits phytosanitaires, quelle que soit leur toxicité. Cette norme ne tient pas compte d’un risque effectif basé sur l’exposition.

Bien que le désir de réduire au minimum le niveau de résidus dans les aliments pour bébés soit compréhensible, il convient également de ne pas perdre de vue l’importance du maintien d’un apport constant de produits alimentaires abordables et de bonne qualité.

Que dire des produits alimentaires cultivés selon des méthodes biologiques ?

Que dire des produits alimentaires cultivés selon des méthodes biologiques ?

Le public pense souvent qu’une nourriture biologique est meilleure et plus sûre qu’une nourriture traitée avec des produits phytosanitaires. Examinons l’ensemble de cette question.

Agriculture biologique
L’agriculture biologique est une forme d’agriculture durable par laquelle aucun produit phytosanitaire synthétique n'est en principe utilisé. L’intérêt et la demande dont les produits biologiques font l’objet ont fortement augmenté au cours des dernières années. Dans de nombreux pays développés, le consommateur achète de plus en plus souvent ces produits, et en quantités de plus en plus importantes. Malgré ce succès, la production biologique reste un marché de niche sur l’ensemble du marché des produits frais et des produits alimentaires.

Rendements inférieurs
Les rendements dans l’agriculture biologique sont inférieurs à ceux de l’agriculture traditionnelle. L’agriculture biologique ne peut de ce fait pas être appliquée à grande échelle de façon durable et il n’est pas possible de produire suffisamment de nourriture de qualité à un prix raisonnable. Si toute la population européenne ne devait consommer que des produits biologiques, il faudrait augmenter la superficie cultivée de 28 millions d’hectares. Cela correspond à la superficie totale des forêts de France, d’Allemagne, du Danemarque et de la Grande-Bretagne. Il va de soi que cela aurait une influence sur le paysage ainsi que sur la faune et la flore. De tels effets doivent être pris en considération dans l’évaluation de la durabilité d'une méthode de culture.

Plus sûr... ?
En ce qui concerne la sécurité des aliments, la Food Standards Agency (l’office britannique des normes alimentaires) estime qu’il n’a pas été prouvé que les produits alimentaires biologiques soient différents des produits issus de l’agriculture conventionnelle, d’un point de vue de la sécurité et de la valeur nutritive (UK FSA, 2000).

En savoir plus sur les produits phytosanitaires de protection des cultures ?

Vous trouverez d’autres informations en Belgique auprès de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire ou AFSCA (www.favv-afsca.be).