Beaucoup de questions se posent encore sur cette maladie. Nous vous proposons ci-dessous de résumer les questions les plus fréquemment posées, et d’y répondre.

Questions et réponses sur l'Alternaria en pommes de terre
Chaque cultivateur de pommes de terre est conscient que le mildiou est la principale menace pour sa culture. A côté du mildiou, l’Alternaria est devenu ces dernières année, et certainement en 2006, un sujet de préoccupation, voire un problème qui peut mener à une sénescence précoce du feuillage.
Les symptômes les plus clairs sont ces taches brunes noirâtres, avec des cercles concentriques noirs, bien souvent limitées par les nervures de la feuille, ce qui leur donne un aspect anguleux. La taille des taches peut varier de quelques millimètres à 2 cm. Les symptômes peuvent se développer partout dans la parcelle, après la période de croissance de la pomme de terre, au moment où la culture commence à entrer en sénescence.
Oui, l’alternariose peut être causées par l’Alternaria solani ou l’Alternaria alternata. Dans les faits, seul Alternaria solani est un problème pouvant mener à une perte économique.
La première conséquence de l’Alternaria est une sénescence accélérée du feuillage. Ainsi, l’Alternaria peut se développer très rapidement dans l’entièreté de la parcelle et provoquer une mort prématurée du feuillage, empêchant ainsi la culture de profiter des dernières semaines de l’été pour faire du rendement. En outre, l’Alternaria peut infecter les tubercules. Les dégâts causés par l’Alternaria ne sont donc pas à sous-estimer.
L’Alternaria solani peut infecter les tubercules, ce qui n’est pas le cas de l’Alternaria alternata. L’infection du tubercule n’est possible que si celui-ci est blessé, les spores pénétrant alors via ces blessures. Au cours de la conservation, le champignon peut se développer et entraîner des pertes non négligeables.
Alternaria solani peut infecter des plantes saines. A l’intérieur de la feuille, le champignon se développe et produit des substances toxiques pour la plante. Alternaria alternata par contre, pénètre uniquement dans les plantes blessées et/ou fragilisées. C’est avant tout un parasite de faiblesse qui est beaucoup plus dépendant de l’état de la plante. Si la plante récupère après un stress, le développement de l’Alternaria alternata sera bloqué.
Les différencier n’est pas chose aisée. L’Alternaria alternata présente de plus petites taches et ne va se développer que si la plante est blessée ou fragilisée. Dès que le stress est levé, les symptômes ne vont plus se développer. Ces petites taches peuvent facilement être confondues avec une carence en magnésium. L’Alternaria solani peut lui se développer sur des plantes saines, dès le début de la sénescence, et peut avoir un impact réel sur la production.
En conditions favorables, le développement de l’Alternaria peut être très rapide. En 2 à 3 semaines, la culture peut être complètement défanée par l’Alternaria.
Probablement oui. L’Alternaria peut en effet survivre dans le sol pendant 10 ans. Les plants infectés peuvent aussi être une source et un réservoir de la maladie. Seul un traitement cohérent avec les meilleurs produits peut contenir la maladie de façon durable.
Deux facteurs sont prédominants dans le développement de la maladie : les conditions météorologiques et le stade de la culture. L’Alternaria va généralement se développer lorsqu’une période chaude est suivie de quelques jours chauds et humides (précipitations, forte rosée, fort taux d’humidité). De fortes précipitations sont par contre peu favorables au développement de la maladie. A côté de cela, l’Alternaria ne se développera pas dans une culture en pleine croissance, mais uniquement une fois la période de sénescence entamée.
La température optimale pour la production des spores est 22,5 °C, et 28 °C pour la germination des spores.
L’Alternaria ne se développera pas dans une culture en pleine croissance, mais uniquement une fois la période de sénescence entamée. Comme en production de plants, la culture est défanée alors qu’elle est en croissance, l’Alternaria n’a pas le temps de s’y développer.
On peut grossièrement prévoir une attaque. Des modèles d’avertissement sont en développement, mais ceux-ci ne sont pas encore utilisables en pratique. En fonction des conditions météorologiques et du stade de la culture, on peut estimer le risque de développement de la maladie. Les recherches menées par Syngenta sur l’Amistar ont montré que les premières infections peuvent se développer dès la fin juillet, mais en fonction des conditions, l’infection peut également se développer plus tardivement.
La grande majorité des variétés sont sensibles à l’Alternaria solani et peuvent être infectées, mais il est vrai que le moment de début de sénescence de la culture, stade critique pour le développement de la maladie, varie en fonction de la variété.
Ainsi une variété comme la Bintje, sous des conditions favorables à la maladie, pourra être infectée, pendant que des variétés comme Agria ou Astérix seront au même moment encore en croissance, et ne pourront pas être infectées. Pour celles-ci, la période de susceptibilité sera plus tardive.
Pour l’Alternaria alternata par contre, des différences variétales existent bien. La variété Marquise par exemple est sensible, même si la différence de résistance variétale importe moins que l’effet des blessures du feuillage.
Une lutte préventive, c'est-à-dire lorsque la culture est encore indemne d’Alternaria, est la meilleure façon de lutter contre la maladie. Le moment de traitement est à déterminer sur base des conditions météorologiques et des prévisions, en combinaison avec le stade de développement de la culture. Traiter sur une culture où la maladie est déjà apparente donne de moins bons résultats.
AMISTAR utilisé en préventif procure la meilleure protection contre l’Alternaria.
Il est fortement conseillé de traiter préventivement. L’Alternaria peut en effet détruire très rapidement une culture encore saine. Comme le mildiou, une maladie se développant aussi vite doit être combattue préventivement plutôt que curativement. AMISTAR® est la meilleure façon de lutter préventivement contre l’Alternaria.
AMISTAR®, utilisé en préventif, est la meilleure solution contre l’Alternaria. Le tableau officiel de Tallinn, établi par des spécialistes de la pomme de terre, confirme qu’AMISTAR® est le meilleur produit pour lutter contre l’Alternaria.
| PRODUITS | EFFICACITE |
|---|---|
| azoxystrobine | +++ |
| fluazinam | (+) |
| metiram/mancozèbe | ++ |
| propinèbe | ++ |
| chlorothalonil | +(+) |
| famoxadone+cymoxanil | ++ |
| fenamidone+mancozèbe ou propamocarb 3 |
++ |
| zoxamide+mancozèbe | ++(+) |
Pour obtenir le meilleur résultat, il est conseillé de traiter la culture dès que les conditions d’infections sont présentes, généralement dès la fin juillet. Pulvérisez AMISTAR® à la dose de 0,25 l/ha dès ce moment, suivi d’un deuxième traitement à la même dose 2 semaines plus tard. Ces traitements peuvent être menés en même temps que les traitements anti-mildiou, par exemple avec SHIRLAN®.
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